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Centre Medem (Arbeter-Ring)
Centre Medem (Arbeter-Ring)



L’exposition "RUE AMELOT"

jeudi 22 juin 2006


Cette exposition rappelle le souvenir héroique de ce mouvement qui pendant la guerre, en zone Nord, a été le lieu de sauvetage de nombreux juifs

Cette exposition n’aurait pu voir le jour sans le soutien des organisations juives de Paris :

• Fondation pour la Mémoire de la Shoah,

• Mémorial de la Shoah CDJC,

• Les nombreuses mairies de Paris qui accueilleront l’exposition tout au long des années 2006-2007-2008-2009,

• Le FSJU,

• L’AUJF,

• L’OSE,

• L’ORT,

• La Fédération des sociétés juives de France,

• L’Union des sociétés juives de France,

• La Colonie scolaire,

• La Varenne.

Dès ses prémisses, ce projet a reçu les précieux encouragements de Claude Bochurberg, Henri Bulawko et Serge Klarsfeld.




OSE Falk Walk

Bund M. Dobin, Élie Tcharnobroda, Ika

Paole Zion David Oks, Mme Topcza

En septembre 1940,ils sont rejoints par :

David Rapoport Le Tsadik Président du Comité

Les autres principaux participants à RUE AMELOT

A. Alpérine, Dr Bantchewski, H. Bulawko, Mme Burko, J. Byl, B. Schulman, M. Jarblum, Kouliche, Kremer, Dr E. Minkoswki, Dr Ogus,Reichman dit Richmond,N. et M. Shakhnovsky, André Stora,Isidore Vladimirsky, Dr et Mme Y, Dr Yudkovski, R. Zaïfcfus, B. Zysman, ... (En italique, les membres du Comité directeur)


3. LES ORGANISATIONS JUIVES A PARIS PENDANT LA GUERRE

Parmi les organisations juives à Paris...

« Les organisations juives forment un petit monde plein de vie, traversé de courants d’idées contradictoires... Toutes illustrent la diversité de cette communauté de Juifs immigrés. » (A. Kaspi)

La Fédération des sociétés juives de France

La Fédération des sociétés juives de France, créée en 1928 est le regroupement d’une vingtaine de sociétés mutuelles des Juifs étrangers ou landsmanshaften. 20 000 familles sont affiliées en 1930. Ses structures d’assistance (aides au travail, au logement, financières) et le rayonnement de ses activités culturelles, (création d’une université populaire, d’une bibliothèque, de clubs sportifs) expliquent son importance comme principal représentant du judaïsme immigré jusqu’en 1933. Apolitique, elle est contestée par les nouveaux immigrés en particulier communistes.

La Colonie scolaire

Fondée en 1926 par David Rapoport et Jules Jacoubovitch, elle a pour mission la création d’écoles complémentaires pour les familles des Juifs immigrés. En 1930, son dispensaire « la Mère et l’enfant » et sa colonie de vacances à Berck Plage sont créés pour les familles en difficulté. Pendant la guerre, sous couvert de son oeuvre philanthropique, elle cache l’activité clandestine « RUE AMELOT ». Après la guerre, soutenue par la Fédération, elle ouvre un groupe de maisons d’enfants à la Varenne-Saint-Hilaire.

Le Bund

Parti socialiste autonomiste ouvrier juif, fondé à Vilna en 1897, son nom complet est « Alliance des ouvriers juifs de Russie, de Lituanie et de Pologne ». Le mouvement fondé, entre autres, par Vladimir Medem et Arkady Kremer, puissant et organisé, prône l’autonomie juive en Europe orientale et organise l’autodéfense armée contre les pogromistes. Opposé au sionisme, il défend l’idée d’une nation juive. Implanté en France en 1907, il favorise l’émergence d’un syndicalisme révolutionnaire juif indépendant qui se développe dans les années trente. Minoritaire, mais premier parti politique juif indépendant par son nombre d’adhérents, il a toujours consolidé ses liens avec la gauche française non communiste (La SFIO et la Ligue des droits de l’Homme). À l’inverse, il s’oppose violemment à toute coopération avec la Fédération, considérée comme représentant la bourgeoisie juive.

La Kultur Ligue

Installée au 10 rue de Lancry et fondée par Jules Jacoubovitch,le Dr Oguse et Léo Glaeser en 1922, elle permettait l’accueildes nouveaux immigrés. Elle a occupé une place trèsimportante dans la vie culturelle des Juifs étrangers à Paris.

L’Arbeter Ring (Cercle amical)

Un cercle ouvrier est créé en 1913, sur le modèle des organisations bundistes du même nom, existant aux États-Unis et à Londres, destiné à concurrencer les sociétés de secours mutuelles (landsmanshaften). Il est complété en 1932 par le Cercle amical, offrant à ses adhérents une aide médicale, une assistance juridique, un enseignement pour adultes en français et yiddish, un club sportif, un club de jeunes. Il gère également une cantine et des colonies de vacances.

Le Paole Zion

Mouvement sioniste socialiste et marxiste fondé clandestinement à Poltava (Russie) en 1906. En Eretz Israël, une partie se joint à l’Ahdout HaAvoda en 1919 (Ben Gourion). Un groupe reste autonome le Poalei Zion de gauche. Il est influencé par les idées de Berl Borohov qui veut favoriser une classe ouvrière juive.

Le Yiddishe Vinkl

C’est un foyer amical ou les Juifs reçoivent assistance et repas chauds . C’est également un salon littéraire. Des rencontres et des débats sont organisés autour de M. Shapiro.

ORT

L’Organisation, Reconstruction, Travail, est créée en Russie en 1880. Promouvoir le travail artisanal et agricole pour sortir les Juifs du ghetto est son objectif par l’ouverture d’écoles professionnelles et de fermes-écoles. En 1921, l’ORT devient internationale. Son siège est transféré de Berlin à Paris en 1933. Les écoles de l’ORT après guerre, financées par les syndicats bundistes américains forment les jeunes aux nouveaux métiers techniques.

L’OSE

OEuvre de secours aux enfants, version française du sigle russe OZE, organisation sanitaire des populations juives défavorisées, oeuvre médico-sociale, créée en 1912 à Saint-Pétersbourg. Elle intervient dans toute la zone de résidence, en particulier en Pologne et Lituanie. En 1923, elle se réfugie à Berlin, pour fonder l’Union des sociétés OSE. Sous la présidence d’honneur d’Albert Einstein, des comités locaux s’implantent dans une trentaine de pays. En 1934,une branche s’installe en France et l’autre à Genève. Pendant la guerre un comité OSE reste à Paris avec le Dr Eugène Minkowski et Falk Walk, tandis qu’en zone sud la direction, intégrée dans la 3e direction de l’UGIF, installe des centres médico-sociaux et des maisons d’enfants. Un circuit clandestin,dit circuit Garel organise le sauvetage des enfants. Après la guerre, elle ouvre 25 maisons d’enfants.

Les Juifs communistes

Ils concurrencent directement les bundistes au point de devenir majoritaires à la Kultur Ligue dans les années trente. Le Club ouvrier de Belleville, la Chorale populaire juive et le Yask, club sportif sont contrôlés par la MOI, Main d’oeuvre immigrée, sous-section juive du parti communiste. Les Juifs communistes extrêmement actifs et soudés se répartissent dans quelques arrondissements de Paris, en particulier le 20e et lisent la Naïe Presse. En avril 1938, ils récupèrent des sections entières de la Fédération,en créant l’Union des sociétés juives de France, Farband fun yiddish Gezelshaften. Désorientés par le pacte germano-soviétique, ils tentent de s’organiser. Les structures des Juifs communistes ouvrent leurs portes dès l’été 1940 : le dispensaire de la rue de Turenne, la cantine populaire de la rue de Saintonge et le foyer ouvrier de la rue du Faubourg du Temple. Des comités Solidarité se créent dans les quartiers, sur le modèle communiste. À partir du printemps 1942, à Paris, les francs-tireurs et partisans de la MOI participent à la lutte armée. Au début 1943, bien que minoritaires, ils sont actifs dans toute la zone sud occupée, en particulier à Toulouse et Grenoble. En écho à la politique de front national du parti communiste,est créée à Paris, en avril 1943, l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) regroupant toutes les organisations illégales des Juifs communistes.

Le Consistoire central

Institution napoléonienne pour organiser le culte israélite, il a toujours été fidèle à sa devise « Religion et patrie ». Avec la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, les consistoires se constituent en associations cultuelles, chapeautées par le Consistoire central qui devient l’Union des associations cultuelles israélites de France et d’Algérie. Aux deux extrémités du judaïsme religieux se créent des institutions indépendantes,l’Union libérale de la rue Copernic et les petits oratoires ou shtiblekh des Juifs immigrés, non reconnus par le Consistoire. Méfiant vis-à-vis des Juifs étrangers, le Consistoire central organise pourtant dès 1933 avec l’Alliance israélite universelle, le comité le plus important pour le secours des réfugiés. D’abord maréchaliste, le Consistoire se fait plus critique envers le gouvernement de Vichy. Rejetant une définition nationale et raciale de la judeïté, le Consistoire refuse de rejoindre l’UGIF. Engagés dans les camps d’internement, les rabbins aumôniers interviennent dans les mouvements de jeunesse et les synagogues resteront ouvertes jusqu’en janvier 1944.

Les EIF : Éclaireurs israélites de France

Créés dans le giron du Consistoire, les EIF sont le seul mouvementde jeunesse juif, avant 1939, à pouvoir rassembler Israélites français et Juifs immigrés. Sous la conduite de deux hommes de premier plan Robert Gamzon et Edmond Fleg, ils sont à bien des égards, un mouvement d’avant-garde où règne la mixité. Mouvement strictement apolitique qui a conduit à un maréchalisme bon teint, ils s’engagent en 1942 dans la Résistance juive puis la clandestinité et enfin dans la lutte armée. Ainsi,la structure officielle EI se double d’une organisation clandestine dans les deux zones à partir de 1943 : « La Sixième » (section de la 4e Direction jeunesse de l’UGIF) qui fusionne avec le groupe Éducation physique créé par Simon Lévitte, chef du Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS).

L’UGIF

Sur injonction des Allemands, l’UGIF, l’Union générale des Israélites de France, est créée le 29 novembre 1941 par le gouvernement de Vichy, pour « assurer la représentation des Juifs auprès des pouvoirs publics pour les questions d’assistance,de prévoyance et de reclassement social ». Il s’agit, en fait de remplacer l’ensemble des associations juives frappées de dissolution, à l’exception des consistoires. À partir de 1942,tous les biens des associations sont dévolues à l’UGIF qui est chargée de les gérer sous le contrôle des Allemands. Elle est administrée par un conseil de 18 membres, 9 pour chaque zone, choisis par Xavier Vallat, commissaire général aux questions juives, parmi les notabilités des associations caritatives. Son fonctionnement est radicalement différent d’une zone à l’autre, en fonction de la pression plus ou moins grande de l’occupant. En zone nord, les oeuvres disparaissent et se fondent dans différents services. Le contrôle allemand est permanent surtout avec l’arrivée de deux Juifs venus de Vienne, Israel Israelowicz et Wilhelm Biberstein, à l’instigation du capitaine Dannecker, chef du service des Affaires juives de la Gestapo. En zone sud, leur capacité d’autonomie est plus grande. Elles sont intégrées, telles quelles dans des directions : la 3e Directionsanté pour l’OSE, la 4e Direction-jeunesse pour les EIF. Dans tout le pays, l’UGIF a servi de paravent à des activités illégales de sauvetage. Mais, le refus de démanteler, dans les derniers mois de l’Occupation, les maisons d’enfants de la région parisienne qui furent finalement raflées, alimenta la controverse sur cette institution.

Dedans, dehors : le Comité Amelot et l’UGIF

Les différentes composantes du Comité Amelot étaient regroupées depuis septembre 1939 dans un bureau d’aide sociale pour les Juifs immigrés. Sa création en juin 1940, sans être clandestine peut-être qualifiée de parallèle, puisque l’organisation n’est pas déclarée, mais que ses dirigeants acceptent, dans un premier temps, de faire partie du comité de coordination des oeuvres juives, demandé par Dannecker en janvier 1941. Lorsque celui-ci obtient de ce comité qu’il publie un journal,Les informations juives, soumis à son contrôle, Rue Amelot s’en retire sans rompre les ponts avec les organisations membres. L’UGIF sert donc de couverture à l’activité du Comité Amelot qui met en avant le nom de son oeuvre philantropique « La Coloniescolaire ». Après l’arrestation de David Rapoport, il est obligé d’entrer officiellement dans l’UGIF.

4. LE PREMIER CERCLE

Le 15 juin 1940, un petit groupe, se mobilise pour faire face à toutes les urgences. Parmi eux, Léo Glaeser, Jules Jacoubovitch et trois mois plus tard, David Rapoport, ont eu en charge la responsabilité de RUE AMELOT.

David Rapoport - Le Tsadik (1883-1943)

Jules Jacoubovitch (1891-1965)

Léo Glaeser (1897-1944)


5. LE DEUXIEME CERCLE

Eugène MINKOWSKI - Abraham ALPERINE - Falk WALK Reuben - GRINBERG - Robert EPSTEIN - David OKS - M. et Mme SHAPIRO

Henri BULAWKO - Motie DOBIN - Jakub BYL - Dr BANTCHEWSKI - Dr et Mme YOUCHNOVETZKI - Élie TCHARNOBRODA - DR OGUSE - Judith TOPCZA - IKA (Esther Rivka Richter)


6. RUE AMELOT SE MOBILISE

Dès les premiers jours de l’Occupation,les organisations aident les Juifs étrangers.

Très vite RUE AMELOT organise des secours et s’adapte au fur et à mesure que la situation s’aggrave.


7. LES CANTINES

Esther Rivka Richter dite IKA (1887-1942)est l’âme de la cantine de la rue Vieille du Temple. Pédagogue réputée, elle travaille au sein du CISHO (réseau d’écoles juives laïques) qui meten oeuvre des méthodes pédagogiques innovantes : considérer l’enfant comme une personne.


8. VIVRE ET SURVIVRE

Au mois de mars 1940, dans la cantine de la rue Vieille du Temple, 38 000 repas sont servis dont 14 300 gratuits.


9. SAUVONS LES ENFANTS

Il faut à la fois cacherles enfants, les faire sortir des camps d’internement,s’occuper des orphelins. Rien ne doit filtrer, les informations concernant les enfants sont codées. Même les parents ne savent pas où sont leurs enfants... Après chaque rafle, des scènes douloureuses se déroulent RUE AMELOT : des enfants amenés par des voisins chrétiens, arrachés des mains des policiers,ou confiés par des mères désemparées allant elles-mêmes se chercher


10. LES ENFANTS BLOQUÉS !

Des caches provisoires à La Varenne

L’orphelinat “ Beiss Yessoïmim “, inauguré en 1934, il est confié à la Colonie scolaire pendant la guerre, puis intégré à l’UGIF. Le dr Wolf Perel en a la surveillance, tandis que Madame Y s’occupait des problèmes sociaux. Après la rafle de 1943, le rythme des placements à la campagne s’accélère. Le 22 juillet 1944, la directrice, Paulette Lévi est arrêtée avec les enfants restants. Le pavillon du 15 rue de Chanzy, maison de la Colonie scolaire après la guerre il est également utilisé pour cacher provisoirement des enfants, grâce à la complicité de l’abbé Morel qui venait les nourrir et de Marthe Laborde qui les convoyait. Mars 1943, les enfants de l’orphelinat partent dans la Nièvre, accompagnés par une assistante sociale du quartier du Marais, Marie-Elvire Flament.


11. LES CONVOYEUSES

Elles s’appelaient Annette Monot de la Croix-Rouge, les soeurs Laborde à Créteil, Mme Flamand à l’hôpital de Saint- Maurice, Mlle Molina, Mlle Mansion, Lucienne Clément de Lépine, Micheline Bellair (dite Topo) de la préfecture de Paris, Mme Courbet, Mme Chevalley et bien d’autres...


12.DES PAPIERS A TOUT PRIX

RUE AMELOT s’adresse aux trafiquants moyennant finances. Bientôt, Henri Bulawko rejoint le réseau. Expert dans l’art de falsifier les papiers, il est arrêté le 19 novembre1942. Heureusement, il réussit à se débarrasser des fausses cartes d’identité qu’il transportait : avoir des faux papiers sur soi est un des délits les plus graves pendant la guerre.

Cambriolage

RUE AMELOT fabrique des faux papiers dans le local de la Colonie scolaire, puis dans l’appartement de Jules Jacoubovitch. Quand celui-ci part en zone sud, Mlle Mandelstein, MM Byl et Salomon simulent un cambriolage pour récupérer les faux papiers dans l’appartement mis sous scellés par les Allemands !

Fin du bricolage

La Colonie scolaire ayant de plus en plus de besoins, elle fait appel à la “Sixième”, la structure clandestine des EI (Éclaireurs israelites), créée par Fredy Ménahem, qui possède un véritable laboratoire. Celui-ci fournit les organisations juives et la résistance !


13. D’OUVIENT L’ARGENT ?

Comment financer les besoins croissants de la population juive en matière de secours ? Les dépenses sont toujours supérieures aux moyens.


14. PERQUISITIONS... ARRESTATIONS !

Survivre, s’organiser, résister Protéger à tout prix l’organisation clandestine, malgré les perquisitions, les arrestations, tel est le lot quotidien des hommes et des femmes des réseaux. Beaucoup d’entre eux sont arrêtés entre 41 et 44, la majorité ne reviendra pas.


15. PAROLES D’ENFANTS...

Enfants déplacés, cachés. Enfants meurtris mais souvent malgré tout heureux, protégés. Ils n’ont pas parlé de ce passé pendant des années, mais aujourd’hui, ils témoignent tant des souvenirs heureux que, parfois, désespérés.


16.APRES LA GUERRE. DES ENFANTS CHARGES D’HISTOIRE

L’attente au Lutétia pour les plus grands, l’attente continuelle des coups de téléphone dans les maisons d’enfants (les appels sont toujours pour les autres) mais aussi les déchirements lorsqu’on ne reconnaît plus l’un des parents qui revient.

10 000 enfants juifs victimes de la guerre sont orphelins ou demi-orphelins que les familles ne peuvent entretenir, tous n’ont pas rejoint des maisons d’enfants. Seuls 3 000 d’entre eux, soit un peu moins de 10 %, pour la plupart issus de parents immigrés vont être élevés dans une cinquantaine de maisons de l’OSE, de l’OPEJ (issue de la résistance sioniste), de l’UJRE (Juifs communistes), du Bund, des EI. Environ 600 enfants sont à la charge de la Colonie scolaire. Reflétant la diversité d’un judaïsme étonnamment vivant, ces maisons particulières qui ne sont ni des pensionnats, ni des orphelinats ont fonctionné jusqu’à la fin des années cinquante.

L’entrée en collectivité est pour les enfants de déportés le moment où tout s’écroule, le signe tangible que les parents ne sont pas là et ne reviendront plus. Se mettent alors en place, à leur insu, des mécanismes de défense et de résistance qui leur permettent de rester debout. Tous se construisent un monde à part, fait de photos déchirées, s’inventent des parents et deviennent, comme l’a formulé l’un d’entre eux ”des citadelles imprenables”.

La Colonie scolaire a dans un premier temps donné la préférence aux placements familiaux, jugés plus économiques et surtout plus proches de l’ambiance familiale. Mais c’était faire fi de la détresse de la communauté. Les cas sociaux se multipliant, l’association cherche à agrandir ses maisons. En 1945 une petite centaine d’enfants se trouvent répartis dans trois maisons : celles de Versailles pour 20 d’entre eux destinés à faire des études secondaires, la colonie de Guignes transformée en maison stable pour une quinzaine d’enfants déficients et l’orphelinat de La Varenne.

Sous l’impulsion de Jules Jacoubovitch, un projet d’ensemble est imaginé dans un grand parc jouxtant La Varenne-Saint- Hilaire et Saint-Maur. Cohérent avec la philosophie de l’association  : recréer une ambiance familiale dans de petites unités, de 8 à 12 enfants par pavillon, avec un bâtiment central où sont rassemblées les activités communes : le foyer David Rapoport. Une nouvelle aventure commence pour la Colonie scolaire, la prise en charge des enfants de déportés et fusillés.


17.BIBLIOGRAPHIE

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ZEITOUN Sabine, Ces enfants qu’il fallait sauver, Éd. Albin Micbel, 1989.

18. QUE SONT-ILS DEVENUS



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