Les livres de la rentrée 2019

ICI ET MAINTENANT

Robert Cohen

éd. Joëlle Losfeld, 417 pages

Ce roman vient d’arriver à la bibliothèque. Sam Karnish, le personnage principal, est un curieux mélange fait de doute, de procrastination et de solitude. Au début du récit, tout va mal pour lui : sa vie amoureuse est un échec, son travail de journaliste n’est pas assuré de durer et sa vie n’a pour lui aucun sens. Le fait d’être juif semble le cadet de ses soucis, d’autant plus que sa culture est inexistante.

Tout semble changer lors d’une rencontre loin d’être providentielle : au cours d’un voyage en avion, il rencontre un jeune couple de Loubavitch, lequel va essayer de le remettre sur la bonne voie.

L’auteur a beau avoir beaucoup d’humour, Sam reste un personnage assez pathétique, incapable de prendre des décisions sans le coup de pouce du destin. Destin qui se moque bien de lui!

Un peu bavard, mais néanmoins intéressant .

La menteuse et la ville

Ayelet Gundar-Goshen

éd. Presses de la Cité, 348 pages

Ce roman facile à lire nous raconte la vie d’une adolescente de 17 ans, Nymphea, empêtrée dans un mensonge dont dépend la vie d’un homme : elle accuse de viol un client brutal dont la violence verbale l’a profondément blessée. Interrogée par la police, elle maintient sa version, ce qui lui donne droit à la Une des médias.

Or, au cours d’un voyage scolaire à Auschwitz, elle fait la connaissance d’une vieille dame venue là pour témoigner, alors même qu’elle n’a jamais vécu dans les camps… Les conseils avisés de la dame ne lui sont d’aucun secours, bien entendu.

Nous ne dévoilerons pas le fin mot de l’histoire, un peu tirée par les cheveux. L’intérêt de ce roman réside dans les portraits des adolescents essayant d’échapper à des contraintes qu’ils rejettent : le souci des parents concernant l’avenir, les mesquineries du lycée, les jalousies …

Pas un grand roman, donc; mais certaines lectrices y trouveront leur compte.

INDECENCE MANIFESTE 

David Lagercrantz

Actes Sud, 381 pages

Ce roman noir passionnant nous avait échappé lors de sa sortie… C’est une enquête menée lors de la mort de Alan Turing, dont on ne sait s’il s’est suicidé, ou si c’est un crime. Le nom de Alan Turing devrait vous alerter : grâce à son génie mathématique, il a réussi à décoder les machines à crypter Enigma des nazis. Cela a obligé les Alliés à ouvrir les yeux sur les massacres de juifs et sur la déportation, alors même que le bundiste Artur Zygelboim criait dans le désert.

Nous sommes en 1954. L’inspecteur Leonard Corell est chargé de l’enquête. Il ignore presque tout de la « victime » qui travaille pour les services secrets anglais. Progressivement, ces derniers s’infiltrent dans l’enquête, craignant que des secrets de défense soient dévoilés. Pourquoi l’option criminelle est-elle sérieuse? D’une part, Turing est détenteur d’un savoir qui doit rester secret; d’autre part, c’est un homosexuel avéré, un personnage totalement atypique qui se moque des convenances. Or, à cette époque, toute la société honnit les homosexuels… l’inspecteur de police y compris.

Nous suivons donc l’enquête, jour après jour, tout en observant la façon dont Corell se débat dans une mare infestée de crocodiles… Lui qui estime sa carrière ratée, qui doit composer avec trop de supérieurs, de politiciens anxieux, reste un policier honnête et clairvoyant jusqu’au bout.

La tension qui règne tout au long de l’histoire n’est pas seulement liée à l’enquête : l’auteur revient sur les difficultés et les problèmes mathématiques qui ont émaillé les découvertes de Turing, à qui l’on doit aussi le premier ordinateur!

Passionnant

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