Les livres de Mai – Juin 2020

MARTHA FREUD

Katja Behling

Albin Michel, 292 pages

Restée dans l’ombre de son Grand Homme de mari, Martha Freud mérite pourtant que l’on s’intéresse à elle : cette jeune fille orthodoxe très pieuse a dû renoncer à pratiquer son judaïsme, pour l’amour de son mari. En effet, Freud se disait juif athée. Il a imposé sa vision à sa femme. De même qu’il considère les femmes en général comme devant s’occuper du foyer et des enfants. Ce à quoi s’emploiera Martha durant toute sa vie : elle se consacrera à la carrière de Freud et à leurs six enfants, tâchant de lui éviter tout souci domestique. En outre, elle saura aussi se montrer diplomate afin de sauvegarder les amitiés de son mari parfois emporté par la passion… Cela dit, les recherches menées par Freud ne l’intéressaient nullement.

On le voit, Martha fut une femme courageuse et toute entière dévouée à la cause d’un Freud pas toujours aimable ; le livre évoque aussi les curieuses relations qu’eut Freud avec sa belle-sœur, mais sans rien laisser entendre sur la réaction de Martha.

Biographie sobre et écrite d’une plume alerte.

L’ETOILE NOIRE

Michèle Maillet,

François Bourin, 229 pages

La déportation des Noirs durant la Seconde Guerre Mondiale est peu présente dans le domaine romanesque. Ce roman vient donc combler un vide : Sidonie, jeune Antillaise travaillant chez une famille mixte est raflée avec ses deux jumeaux, en même temps que ses employeurs. Elle fait le récit de son long voyage vers un premier camp, puis vers un autre. Au cours de sa déportation, elle perd la trace de ses deux enfants âgés de cinq ans ; elle subit aussi le racisme, en plus des tortures. Bandant toutes ses forces pour résister au désespoir, elle se raccroche à sa culture antillaise et à une amie solide.

Basée sur de nombreux livres d’histoire et autres documents, ce récit écrit avec beaucoup de simplicité est intéressant.

PARTIR

au-delà des frontières

Francesca Sanna, Gallimard jeunesse

Une famille du Moyen-Orient (Syrie ?) est contrainte de fuir à la suite de la mort du père. Composée d’une jeune mère et de ses deux enfants, elle entame un très long voyage, parcourant à pied, en voiture, en autocar des régions européennes inconnues, recelant mille dangers. Traversant clandestinement les frontières, cette mère courageuse et ses enfants ont l’impression que ce voyage ne finira jamais…

Le texte est bref, sans pathos, mais ce sont les illustrations où le noir et le brun représentent le danger qui rendent compte de la peur…

Excellent album à commenter en famille.

LE VOYAGE EN POISSON

Tom Seidmann-Freud,

éd. Albin Michel et BNF, 36 pages, ill. coul.

La première édition de cet album date de 1923. A cette époque, Tom Seidmann-Freud est très connue, non parce qu’elle est la nièce de Freud, mais en tant qu’artiste, créatrice de livres pour enfants.

Cette histoire raconte comment Peregrin, plongé dans un rêve, fait un long voyage sur le dos de son poisson rouge et parvient dans un pays utopique… L’auteur-illustratrice s’inspire des courants de la peinture allemande de l’époque. Rigueur des grands aplats, palette de couleurs limitée, mais aussi très grande lisibilité, associée à une distanciation du réel. Le texte fait une grande place à un quotidien idéalisé, jusqu’à la chute finale.

Très bel album.

UNE CURIOSITE DANS LA LITTERATURE ENFANTINE 

Et toujours disponible à la bibliothèque

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