Les Survivants. Les Juifs de Pologne depuis la Shoah

Soirée du mardi 13 avril 2021 au Centre Medem consacrée à la Pologne avec la participation

d’Audrey Kichelewski et d’Alexandra Subrémon

Au cours de cette présentation, animée par Carole Macré, la Commission Culture du Centre Medem recevait deux auteures pour leurs livres consacrés à la Pologne :

L’historienne Audrey Kichelewski nous a présenté, avec érudition et chaleur, son ouvrage « Les Survivants. Les Juifs de Pologne depuis la Shoah » éd. Belin, véritable monographie de cette période peu connue de l’histoire des Juifs dans l’après-guerre, des années communistes à nos jours. Mention fut faite de la place et des activités du Bund jusqu’à sa dissolution en 1949 par les staliniens au pouvoir. Après un rappel de l’importance du livre de Jan T. Gross, « Les Voisins » (2000), l’auteure a parcouru les vagues de l’émigration – les années 1945 à 47 ; le Dégel et « l’alya Gomulka » de 1956 ; l’antisionisme de 1968 – au gré des fluctuations idéologiques et politiques, des conditions socio-économiques, et des nouvelles formes de l’antisémitisme. Entre périodes d’accalmie, d’espoir, de reconstruction d’une vie au sein de la société polonaise, et réactivation de l’antijudaïsme, elle a approfondi l’analyse de la question récurrente « Pourquoi sont-ils restés ? »

Le récit d’Alexandra Subrémon« Juifs en Pologne. Quand la Pologne a cessé d’être une terre d’accueil », préface d’Audrey Kichelewski, éd. Le Bord de l’Eau, retrace avec émotion et rigueur une histoire familiale prise dans la grande histoire nationale : celle des parents de l’auteure, à partir des carnets de son père dans le ghetto de Varsovie, puis leur vie dans la Pologne communiste. Confrontée à un antisémitisme d’Etat, l’auteure quitte la Pologne et les siens à 20 ans pour venir étudier en France. Elle y retourne pour sa recherche, en quête de documents archivés.

Les deux invitées ont évoqué la situation actuelle préoccupante en Pologne, depuis l’arrivée au pouvoir de la droite nationaliste du PiS, Droit et Justice, avec la loi de 2018 ayant trait à la mémoire de la Shoah, le procès en cours à l’encontre de deux historiens réputés, Barbara Engelking et Jan Grabowski, et l’inquiétude quant à l’indépendance possible pour les chercheurs et historiens.

A l’issue de cette rencontre très dense, quelques questions ont été posées, trop peu sans doute, compte tenu du temps, ainsi que des amorces de débats et controverses. Nous serons intéressés par les témoignages de nos amis qui ont vécu cette période en Pologne et n’ont pu développer le récit de leurs expériences. Une autre occasion à préciser leur sera offerte.